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Remise en cause du paradigme des marchés financiers

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Dans son dernier livre, le célèbre investisseur George Soros remet en cause le paradigme pour les marchés financiers généralement admis. Selon lui, les investisseurs ne poursuivent par leurs meilleurs intérêts, mais leur perception de leurs intérêts. Or cette perception est systématiquement biaisée par notre incapacité à appréhender complètement cette réalité. En effet, l’observateur est dans une relation réciproque avec le système observé et dont il fait lui-même partie : les conceptions des observateurs (investisseurs) influencent la réalité observée (l’évolution des marchés), et l’évolution des marchés influence les conceptions des observateurs. Il en résulte une incertitude pour les observateurs et une indétermination pour les marchés financiers dont l’évolution ne peut pas être prédite par des règles scientifiques : comme dans le cas d’une équation avec deux inconnues.

En conséquence, selon George Soros, les marchés financiers ne tendent pas vers un équilibre, avec des déviations aléatoires autour de cet équilibre, comme cela est généralement admis, mais sont au contraire systématiquement biaisés par les conceptions inexactes des acteurs. Ces erreurs de conceptions se corrigent souvent d’elles-mêmes lorsque l’erreur devient évidente. Mais il existe des circonstances dans lesquelles ces biais génèrent une dynamique d’auto-renforcement qui est à la base des mécanisme de bulle/éclatement. Ces circonstances se présentent lorsque le biais qui prévaut parvient à affecter les fondamentaux que les prix du marché sont censé refléter. Par exemple, dans une bulle immobilière, le biais (conviction que les prix de l’immobilier vont continuer à augmenter) a pour conséquence une extension du crédit qui va elle-même nourrir la hausse des prix.

En terme de réglementation bancaire, cette approche remet en cause la détermination des capitaux propres requis des banques au moyen des systèmes de gestion des risques des banques (modèles internes). En effet, si l’on admet que les marchés ne tendent pas vers un équilibre avec des déviations aléatoires, alors l’utilisation de la Value at risk (VaR) pour déterminer les exigences de fonds propres n’est plus défendable. D’ailleurs, il semble que les régulateurs eux-mêmes ne croient plus à cette façon de faire, ce qui explique leur résolution d’introduire un leverage ratio en sus des exigences de fonds propres de Bâle II. Ceci ressemble à un aveu qu’ils ne croient plus en ce modèle. En effet, si Bâle II permettait réellement de déterminer des exigences de fonds propres en fonction des risques encourus par l’établissement, alors un leverage ratio serait parfaitement inutile.

Source : George Soros, The Crash Of 2008 and What It Means, publicaffairs, 2008-2009

Rédigé par swayvill

17 septembre 2009 à 16:33

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