Taxe sur les transactions financières : un serpent de mer refait surface
Suite à la rencontre entre Angela Merkel et Nicolas Sarkozy le 16 août dernier, différentes propositions ont été émises par les deux chefs d’état. Parmi celles-ci, un vieux serpent de mer que l’on nous ressort à chaque crise économique : une taxe sur les transactions financières. Comme si les échanges économiques étaient eux-mêmes problématiques, et non les déséquilibres économiques structurels qui sont à l’origine tant de la crise financière de 2008 que de la crise des budgets étatiques actuels. Le Parlement européen – lui aussi de plus en plus déconnecté de la réalité – avait voté en mars dernier pour la mise en place d’une taxe Tobin devant rapporter 200 milliards d’euros. Il est vrai que la perspective de telles recettes ne peut que faire saliver les milieux politiques. Aucune précisions n’a été cependant donnée quant aux modalités de taxation lors de cette conférence de presse.
Pour donner suite à cette proposition, les ministres français et allemands des finances se sont rencontrés le 23 août à Paris afin de préparer des mesures concrètes. Aucun détail n’a cependant filtré à ce sujet.
A noter que l’instauration d’une telle taxe en Suède dans les années 90 s’était soldée par une diminution du volume des transactions de l’ordre de 85%. La Suisse dispose depuis longtemps d’une taxe similaire, le droit de timbre de négociation, qui a fait fuir hors du pays le marché des euro-obligations.
Sources : Le Monde, 17 août 2011, Le Temps, 24 août 2011